EXPLICATION DE L’ENLUMINURE

enluminure-prise-du-chateau-de-derval-par-du-guesclin

SCENE DE L’EXECUTION DES OTAGES

La miniature représente la scène de l’exécution des otages.

  • Au 1er plan, à gauche, un écuyer implore leur grâce près du Duc d1 ANJOU.
  • A droite, DUGUESCLIN sur son cheval blanc. On voit qu’un otage a déjà la tête tranchée et l’exécuteur, la hache levée, s’apprête à couper la tête du second, tandis que le 3eme, les yeux bandés, attend…

Voyant cela, KNOLLES fit dresser une sorte d’échafaud à la fenêtre d’une tour. Il fit amener quatre prisonniers qu’il tenait à grande rançon et leur fit couper la tête.

Aussitôt ces deux exécutions faites, le pont du château fut abaissé et il en sortit cent hommes animés de fureur et de ressentiment qui fondirent, tête baissée, sur le Duc de CLISSON qui fut grièvement blessé.

Voyant cela, le Duc d’ANJOU ordonna de lever le siège. KNOLLES demeura maître de DERVAL pendant plusieurs années, après quoi il rejoignit l’Ile d’Yeu qu’il avait obtenu suite au Traité de Bretigny et mourut en Angleterre, âgé de 80 ans.

SIEGE DU CHATEAU DE DERVAL

En 1373, le Duc DE BRETAGNE autorise les armées anglaises à s’installer dans les places fortes bretonnes, ce qui est contraire au Traité de Guérande. De ce fait, il mécontente ses sujets qui le contraignent à l’exil, en Angleterre. En partant, il confie son Duché en garde à celui qui possède les places fortes de Brest et de Derval : Robert KNOLLES.

Le Roi de France, CHARLES V, envoie alors DUGUESCLIN à la reconquête des places fortes bretonnes. Bientôt, il ne reste plus que les forteresses qui sont au pouvoir de KNOLLES : BREST et DERVAL.

Avec 400 hommes de Troupes et sous l’autorité du Duc D’ANJOU, DUGUESCLIN vient faire le siège de la forteresse de DERVAL, bientôt rejoint par Olivier DE CLISSON qui fit amener « forces engins ». Le siège ayant lieu en présence de BONABES DE DERVAL qui comptait bien récupérerson château.

Les assauts se donnaient souvent et forts au château de DERVAL de sorte que le commandant de la place se voyant fort presséet pensant qu’il ne pourrait durablement soutenir l’effort du connétable tant redouté, accepte un accord. Il fut conclu que si la place n’était pas secourue dans les 40 jours, elle devrait être rendue. Trois otages étaient donnés pour gage de fidélité.

KNOLLES, instruit de ce qui se passait à Derval, sortit de Brest pour venir se renfermer dans son château de Derval et il désavoua son lieutenant, ce qui était contraire au Traité.

Au terme échu pour la reddition de la place, DUGESCLIN envoya un messager à KNOLLES pour l’avertir que, s’il ne voulait pas délivrer ses otages, on leur ferait couper la tête.

« Par Dieu, répondit KNOLLES, vos menaces ne me feront pas perdre mon château et si on touche à mes otages j’en ferai autant à ceux que je tiens prisonniers. »

JEAN DE CHATEAUGIRON BARON DE DERVAL

Jean de CHATEAUGIRON hérite de la seigneurie de Derval en 1435 et devient l’un des chefs du gouvernement de la BRETAGNE.

En 1448, il se distinguera au siège de FOUGERES contre les Anglais.

Le 15 janvier 1450, il épouse Hélène de LAVAL, fille du Comte de LAVAL et petite fille de Jean V, Duc de BRETAGNE.

Le 19 mai 1451, le Duc Pierre II érigeDERVAL au rang de Baronnie d’Etat.

En raison de ses charges, notamment celle de Grand Chambellon du Duc, il habitait vraisemblablement à NANTES où il possédait des terres (Les Dervallières) et un hôtel, devenu depuis l’Hôtel de Ville.

Mais ce que ce grand seigneur a laissé à la postérité est sans aucun doute, l’ouvrage qu’il a fait réaliser à son secrétaire, l’historien Pierre LE BAUD.

La miniature nous fait découvrir un décor fastueux, aux Armes de DERVAL et de LAVAL. On y voit le baron de DERVAL, assis, entouré de son épouse Hélène, de membres de sa famille et de serviteurs. Jean DE DERVAL porte au cou le collier de l’Ordre de l’Epi (ordre de chevalerie crée par le duc de Bretagne François 1er).

Pierre LE BAUD, le genou à terre, présente à son seigneur et maître l’ouvrage réalisé« Compilation et Histoire des Bretons11.

Cet ouvrage qui sert de référence aux historiens, est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut