LA TOUR SAINT CLAIR SENTINELLE D’UN ROYAUME PERDU
Au cœur du site austère
Cernée par la douve profonde,
La tour veille, jour et nuit,
Dans le silence des siècles.
Les intempéries et les hommes
Ont démoli le château
Et le chemin de ronde,
Mais la tour demeure…
Sentinelle avancée
D’un royaume perdu,
Verrou de la vallée
Elle s’obstine à guetter…
Elle n’est plus que silhouette
Et comme pétrifiée.
Se souvient-elle
De ceux qui l’ont bâtie ?…
Les tailleurs de pierre,
Les artisans du bel ouvrage
Et des paysans
Corvéables à merci !
Se souvient-elle des vies disparues !
De ceux qui l’ont assiégée
Soldats de Duguesclin,
Et des otages exécutés?…
Cruelle et perfide époque.
Elle était alors fief anglais
Et son maître, Knolles,
Sévissait en Pays de la Mée
Avec les guerres de religion,
Et pour régler leurs différends,
Les antagonistes l’ont assiégé :
Partisans du roi Henri et ceux de Mercœur.
Non loin coule la rivière de Chère,
Lentement, discrètement…
La tour se tait
Mais comme elle est présente
En leur ouïe de pierre,
Des intrigues ou secrets d’État
De la fière et rebelle Bretagne ?…
Les murmures d’amour
Au creux des alcôves, et
Des serviteurs zélés et soumis ?
Les générations passent
Au vent de l’oubli,
La vieille tour médité
Et ne cesse de témoigner…
D’un passé, certes révolu
Mais dont les maîtres des lieux
Ont marqué l’histoire
Et porté ce nom : DERVAL
J.B



