POEME

oip (12)

LA TOUR SAINT CLAIR SENTINELLE D’UN ROYAUME PERDU

Au cœur du site austère

Cernée par la douve profonde,

La tour veille, jour et nuit,

Dans le silence des siècles.

Les intempéries et les hommes

Ont démoli le château

Et le chemin de ronde,

Mais la tour demeure…

Sentinelle avancée

D’un royaume perdu,

Verrou de la vallée

Elle s’obstine à guetter…

Elle n’est plus que silhouette

Et comme pétrifiée.

Se souvient-elle

De ceux qui l’ont bâtie ?…

Les tailleurs de pierre,

Les artisans du bel ouvrage

Et des paysans

Corvéables à merci !

Se souvient-elle des vies disparues !

De ceux qui l’ont assiégée

Soldats de Duguesclin,

Et des otages exécutés?…

Cruelle et perfide époque.

Elle était alors fief anglais

Et son maître, Knolles,

Sévissait en Pays de la Mée

Avec les guerres de religion,

Et pour régler leurs différends,

Les antagonistes l’ont assiégé :

Partisans du roi Henri et ceux de Mercœur.

Non loin coule la rivière de Chère,

Lentement, discrètement…

La tour se tait

Mais comme elle est présente

En leur ouïe de pierre,

Des intrigues ou secrets d’État

De la fière et rebelle Bretagne ?…

Les murmures d’amour

Au creux des alcôves, et

Des serviteurs zélés et soumis ?

Les générations passent

Au vent de l’oubli,

La vieille tour médité

Et ne cesse de témoigner…

D’un passé, certes révolu

Mais dont les maîtres des lieux

Ont marqué l’histoire

Et porté ce nom : DERVAL

J.B

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