Les VITRAUX et les TABLEAUX du XIX° siècle.
Erigés vers 1850, les vitraux de la VIERGE MARIE et de SAINT-SEBASTIEN sont remarquables pour l’harmonie et la diversité de leurs couleurs. Teintés dans la masse, la lumière donne à leurs coloris des reflets chatoyants.
LE VITRAIL DE LA VIERGE MARIE est riche de symboles. On voit la Vierge, les bras croisés sur sa poitrine. C’est la Vierge de l’annonciation et du Magnificat qui a incarné le Sauveur en son sein. Elle est debout sur le globe terrestre et terrasse le serpent qui tient dans sa gueule la pomme du mal, symbole du péché originel dont ont été les premières victimes : Adam et Eve. Mais le tentateur est toujours là. Jésus lui-même n’y échappera pas lorsqu’il se rendra au désert…
Autre symbole du vitrail : la guirlande de feuilles de vigne et de grappes de raisins qui l’entoure. Celle-ci pourrait rappeler le premier miracle de la vie publique de Jésus, celui des noces de Cana ou, à la demande de Marie sa mère, Jésus a changé l’eau en vin. Pourtant, en engageant son Fils dans sa mission, Marie savait que celle-ci s’achèverait au Golgotha. (Au Musée du Louvre, un tableau des noces de Cana représente Marie vêtue de noir)
Et c’est aussi par un repas que se termine la vie terrestre de Jésus : la Cène. Repas au cours duquel il institua l’Eucharistie et prononça ces paroles si lourdes de sens, en faisant passer la coupe à ses disciples : « Prenez et buvez en tous, ceci est mon sang« . Sang qu’il s’apprêtait à verser pour le salut du monde.
Marie est présente au Golgotha, Jésus, sur sa croix, confie sa mère à l’apôtre Jean. Elle est ainsi devenue notre Mère, celle de l’Humanité toute entière. Jésus-Christ a rempli sa mission : sauver tous les hommes… Réjouis-toi Marie, celui que tu as porté dans ton cœur est ressuscité.
Tout en haut, à droite du vitrail : les armes du Pape Pie IX : Guiovanni Maria. A gauche, celle de Mgr … Evêque de Nantes.
LE REPOS DE LA SAINTE FAMILLE – « LA FUITE EN EGYPTE »
Lorsqu’il apprit la naissance de Jésus « nouveau roi des Juifs », Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, ordonna le massacre des Innocents. Avertis en songe par un ange, Joseph et Marie, avec l’Enfant Jésus, partirent se réfugier en Egypte. (Cette fuite illustrée par le tableau). Dans le désert, ils s’arrêtent pour prendre un peu de repos sous un palmier, dont on dit qu’il est un arbre protecteur. Auprès d’eux, les blocs de colonnes symboliseraient la ruine du Temple de Jérusalem et donneraient aussi tout leur sens aux paroles prononcées par le Christ au terme de sa vie terrestre : « Détruisez ce temple et je le rebâtirai en trois jours« . Il évoquait ainsi sa mort et sa Résurrection.
Ce tableau provient du Louvre. Il a été obtenu du Duc d’Aumale, ainsi que celui de St Sébastien, par l’intervention du député-maire de Derval, Julien de la Haye Jousselin, son intendant.
VITRAIL et TABLEAU SAINT SEBASTIEN
LE VITRAIL de SAINT-SEBASTIEN nous offre un décor d’ornementations romaines avec au centre, Sébastien, en tenue d’officier romain (né à Narbonne au III°siècle). Dénoncé comme chrétien; il va payer de sa vie son engagement au Christ et meurt en martyre.
Cette éxécution est représentée par le TABLEAU qui lui est consacré et qui est l’œuvre de Joby Duval. On y voit Sébastien criblé de flèches au moment de son martyre. Une dame charitable éponge le sang qui coule de ses plaies, tandis que ses bourreaux s’éloignent. Ce tableau symbolise aussi l’Eglise primitive : l’Eglise souffrante. Celle des premiers Chrétiens qui, comme Pierre et Paul et tant d’autres ont donné leurs vies à cause de leur foi en Jésus-Christ.
Une Confrérie St Sébastien a été établie dans l’Eglise de Derval au XVIII° siècle. Les reliques du Saint ont été offertes, en 1778 par le Vicaire Général Richard (qui deviendra Archevêque de Paris)… Tous les ans, le 20 janvier, jour de la fête de St Sébastien, et jusqu’aux années 1960, les jeunes gens de la paroisse se retrouvaient à l’Eglise pour honorer ce saint proposé comme modèle. L’office terminé, c’est au son de la fanfare : « La Saint-Sébastien » que le défilé se rendait au patronage où un encas était servi.
Les VITRAUX de 1943.
Ceux-ci sont l’œuvre du peintre-verrier Albert GSELL (auteur des vitraux de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre). Réfugié à Guémené-Penfao au cours de la seconde guerre mondiale, l’abbé RACINEUX, alors Curé, fit appel à lui.
En ces années de guerre, les Saints de la Patrie sont conviés pour redonner confiance.
VITRAIL de SAINTE ANNE DE LA PALUD
En haut du vitrail, Ste Anne, avec Marie…. Le vitrail représente le Pardon de Ste Anne de la Palud (Finistère Sud). La procession part de la chapelle. Les jeunes bretonnes costumées portent les bannières et la statue de la Sainte. Scène typique de la Bretagne avec ses costumes, la mer et les barques de pêcheurs.
De tous temps, Anne a été vénérée en Bretagne (notamment à Auray).
Le fait qu’Anna était une prêtresse celtique, y a sans doute contribué. Selon la légende, Anna aurait quitté sa terre d’Armorique pour la Palestine où elle aurait épousé Joachim et donné naissance à la Vierge Marie. A la fin de sa vie, elle serait revenue dans son pays natal…
VITRAIL de SAINTE ODILE
Au sommet : Ste Odile, patronne de l’Alsace… Des groupes de pèlerins en costumes alsaciens font l’ascension du Mont où se trouve la Basilique qui lui est dédiée.
Ce vitrail a été offert par la famille Baron, industriel dervalais. Mme Baron, qui avait des origines alsaciennes, y figure avec ses enfants : ses deux fils et sa petite fille Odile qu’elle tient dans ses bras. Cette Ste patronne de l’Alsace a été particulièrement invoquée au cours de cette deuxième guerre mondiale.
VITRAIL de SAINTE JEANNE D’ARC
Au registre supérieur du vitrail, la Sainte apparaît entourée de rois, de reines et d’évêques. Anne de Bretagne y serait représentée. Au centre, l’ange de la patrie embrasse le drapeau français. Au milieu de la place de la cathédrale de Reims, symbole de la souveraineté française, on voit la statue de Jeanne d’Arc à cheval. Le clergé est présent : sans doute l’inauguration …. L’armée rend les honneurs militaires : les drapeaux tricolores sont inclinés, tandis que la troupe défile. En bas, des unités de divers corps d’armée (tirailleurs sénégalais – spahis algériens). Détail : on distingue les écus ornés de la croix de Lorraine qui rappellent le pays de Jeanne d’Arc.
VITRAIL de SAINT JEAN MARIE VIANNEY
Saint Jean Marie Vianney, Curé d’Ars et saint patron des curés. En haut, le curé d’Ars bénit la procession qui vient de quitter la basilique. Les personnages costumés représentent les diverses régions de France.
Le clergé a pris le visage des trois prêtres desservant la paroisse de Derval : le Curé Racineux et ses deux vicaires : l’Abbé Blanconnier et l’Abbé Sauvêtre. On aperçoit, au centre, la statue de Sainte Philomène, sainte très vénérée par le curé d’Ars.
Ces vitraux ont été inscrits à l’inventaire des monuments historiques en 1990.
08/03/2026



